Après avoir accusé une baisse en 2009, les éco-activités françaises ont retrouvé un certain dynamisme en 2010 selon l’Observatoire des statistiques du CGDD(1). Elles affichent une croissance nette de 8,5% bien supérieure à celle du reste de l’économie (3,5%) et principalement portée par l’augmentation de la production dans la récupération (+ 46%). Les exportations (6 mrd €, soit + 36%) ont également bénéficié du regain de dynamisme de la récupération qui contribue aux deux tiers du montant total.
En 2010, les éco-activités employaient 452 600 équivalents temps plein dont 321 800 dans les activités marchandes des entreprises, soit une augmentation de 4,5% alors que l’emploi global restait stable (+ 0,1%). Les secteurs Collecte et traitement des déchets (97 500 emplois) et Traitement des eaux usées (95 500 emplois) sont restés les deux principaux employeurs devant les énergies renouvelables (62 500 emplois, en hausse de 19%).
L’agriculture biologique affiche également un bon dynamisme avec 22 500 emplois, soit + 22% par rapport à 2009. Plus généralement, le secteur des énergies renouvelables a connu la plus importante évolution entre 2004 et 2010 (+ 15,6% en moyenne) juste devant la R&D (+ 9,5%) tandis que celui de la pollution de l’air a perdu 3% de ses effectifs sur la même période.
Evaluées à 6,1 milliards d’euros, les exportations des éco-activités représentent 1,2% de l’ensemble des exportations françaises pour l’année 2010. Elles sont majoritairement liées à la récupération (cf. ventes de matières premières secondaires : métaux ferreux et non ferreux, plastiques et papiers-cartons) qui enregistre une progression de 65% avec un total de 4,1 mrd €. Les éco-entreprises françaises se situeraient ainsi au quatrième rang mondial des entreprises exportatrices en 2010.
Le deuxième plus gros contributeur aux exportations est le secteur des énergies renouvelables avec 700 M€ mais sa balance commerciale reste fortement déficitaire, les importations s’élevant pour la même période à 2 250 M€. La France est exportatrice excédentaire dans l’hydraulique, le solaire thermique et les équipements de chauffage au bois domestique (poêles et inserts).
Elle a réduit son déficit en matière d’éolien grâce notamment à la progression des ventes réalisées par des leaders comme Rollix Defontaine (couronnes d’orientation), SKF France (roulements) ou EADS Astrium (pâles). En revanche, elle a considérablement creusé son déficit commercial dans le photovoltaïque (96%). Le gouvernement indique d’ailleurs qu’il compte sur d’autres domaines comme la géothermie, les énergies marines et l’hydraulique pour rééquilibrer l’ensemble.
Dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, pas moins de 91% des exportations (sur un total de 750 M€) relèvent des équipements de réseaux (canalisations, vannes, appareils de filtration et de mesure,…) proposés aussi bien par de grands groupes que par des PME-PMI spécialisées. Quant aux services (distribution d’eau potable et assainissement), ils continuent à représenter une part significative à l’international avec un CA de 12,8 mrd € contre 8 en France (cf. Saur, Suez Environnement et Veolia).
Eco-activités : la définition du MEDDTL
On entend par « éco-activités » les activités qui produisent des biens ou services ayant pour finalité la protection de l’environnement (pollution de l’air, eaux usées, déchets) ou la gestion des ressources naturelles (gestion durable de l’eau, récupération, maîtrise de l’énergie, énergies renouvelables). Les éco-activités couvrent aussi les activités transversales comme les services généraux publics, la R&D et l’ingénierie.
A noter : la production de véhicules électriques n’est pas comptabilisée parmi les éco-activités mais ces véhicules peuvent être considérés comme des « biens adaptés », i.e. des biens dont la finalité n’est pas directement la protection de l’environnement ou la gestion des ressources mais dont l’impact sur l’environnement lié à leur utilisation (ou à leur mise au rebut) est plus faible que celui des biens équivalents.
Hélène Bouillon-Duparc
Les Eco-entreprises sont sur le salon Pollutec 2012
(1) Commissariat général au développement durable (cf. Chiffres et statistiques n°301, mars 2012).



