Les établissements de santé tout aussi touché par les problématiques environnementales

Au-delà de leur mission première de soins, les établissements de santé font face à de nombreux enjeux du développement durable : émissions dans l’air (contaminants chimiques, rayons électromagnétiques…), consommations d’eau, d’énergie et de matières, production de déchets et effluents (dont DASRI, déchets toxiques, médicaments…), émissions de GES dus aux déplacements et transports (personnel, patients, visiteurs, fournisseurs…), bien-être au travail, etc.

A titre d’exemple, les établissements de santé français sont à l’origine de 12% des consommations énergétiques de l’ensemble du secteur tertiaire du pays. Ils consomment entre 400 et 1200 litres d’eau par jour et par lit et génèrent plus de 1000 kg de déchets par lit et par place. La question du gaspillage alimentaire est également au cœur des préoccupations. Elle figurait d’ailleurs parmi les trois thèmes clés de l’appel à projets ‘Economie circulaire en santé’ lancé par l’Ademe en 2017, aux côtés du déploiement des achats responsables et de la réduction / valorisation des déchets.

Les questions de qualité environnementale des bâtiments, d’efficacité énergétique et des renouvelables sont de plus en plus prises en compte dans les établissements de santé. Ainsi, après les premiers hôpitaux certifiés HQE en 2011 (Alès, Corbeil-Essonnes – Evry, etc.), d’autres sont venus allonger la liste comme le CHR d’Orléans, le Médipôle de Nouvelle-Calédonie, plusieurs cliniques et, plus récemment, l’hôpital européen de Marseille (v. encadré).

Une convention d’engagement volontaire pour 2017-2020

En France, l’Etat et les fédérations du secteur sanitaire, social et médico-social ont signé en mai 2017 une convention d’engagement volontaire pour un développement durable couvrant la période 2017-2020. Dans ce cadre, l’ANAP(1) a été chargée d’animer le nouvel Observatoire du développement durable qui travaille sur six items clés : société, social, environnement, achat, économique, gouvernance. Après un premier recueil de données réalisé de juin à septembre 2017, une nouvelle campagne a été lancée fin mai 2018 pour mesurer la prise en compte des enjeux du développement durable dans les différentes structures sanitaires et médico-sociales(2).

L’hôpital bas carbone à l’honneur

Au niveau européen, le Prix Horizon a été créé pour récompenser un hôpital à faibles émissions carbone (cf. Horizon Prize ‘Low Carbon Hospital’). Les établissements candidats doivent couvrir 100% de leurs besoins énergétiques par des EnR avec au moins trois techniques européennes dont une de stockage. Ce prix, lancé fin 2016, est ouvert aux candidatures jusqu’au 3 avril 2019.

 

LES GRANDS AXES DU PROJET DE L’HÔPITAL EUROPÉEN DE MARSEILLE

L’hôpital européen a travaillé en priorité sur l’éclairage (100% des locaux sont éclairés par la lumière du jour), l’énergie renouvelable (80% de l’eau chaude sanitaire sont assurés par le solaire), l’isolation par l’extérieur, l’insertion dans le site et la mise en place de jardins méditerranéens sans arrosage. D’autres programmes d’actions y sont déployés : analyse des consommations d’énergie, achats responsables, mise en place d’une filière recyclage des déchets, contrat de performance énergétique, actions de sensibilisation en vue de changer les comportements.

 

(1) Agence Nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux, créée en vertu de la loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 pour aider ces établissements à améliorer le service rendu aux patients et aux usagers.

(2) La campagne court jusqu’au 30 septembre : nous y reviendrons ultérieurement.