Le Sommet Rio+20 met fortement l’accent sur l’économie verte et inclusive (équitable) et sur la nécessité de mettre en place une véritable gouvernance internationale du développement durable. Quels sont les engagements de la France dans ces deux domaines(1) ainsi que dans les autres domaines également à l’ordre du jour ?
Concernant l’économie verte et inclusive, la France s’engage notamment avec ses partenaires européens en faveur de l’élaboration d’un jeu d’indicateurs qui, au-delà du PIB, devraient permettre de mesurer les progrès en matière de développement durable, dans la lignée des recommandations de la commission Stiglitz – Sen – Fitoussi.
Par ailleurs, pour que le développement soit doté d’un socle solide et pérenne, capable d’affronter les défis en cours et à venir, il est indispensable de pouvoir s’appuyer sur une vrai cadre institutionnel, c’est-à-dire une gouvernance réelle et efficace. A cet égard, la France va défendre à Rio l’idée de transformer le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en véritable agence des Nations unies spécialisée dans l’environnement. Elle entend aussi prôner un renforcement de la gouvernance internationale du développement durable.
Villes et territoires durables
Enjeu global majeur des prochaines décennies, la ville durable prend toute sa place au Sommet Rio+20. Il est en effet plus que jamais nécessaire d’accompagner un développement urbain inclusif capable à la fois de contenir un processus de fragmentation sociale et spatiale (extension des bidonvilles,…) et de réduire au maximum l’empreinte écologique et l’empreinte carbone de ces villes.
La France est fortement impliquée sur ce thème tant sur son territoire (cf. « Plan ville durable ») que dans le champ de la coopération internationale (cf. stratégie centrée sur l’appui aux autorités locales ; partenariat français pour la ville et les territoires (PFVT) ; plate-forme multi-acteurs d’échanges et de valorisation de l’expertise urbaine à l’international) et par l’intermédiaire de la coopération décentralisée.
Enfin, sur place, le Pavillon France, organisé notamment par le Comité 21 avec les groupes Lafarge et Schneider Electric, sera axé sur le thème des villes et territoires durables. Plusieurs événements et animations sur ce thème seront proposés pendant les trois jours du Sommet et même au-delà avec une mission d’envergure menée par UBIFRANCE, fin juin.
Energie
L’accès à des sources sûres et durables d’énergie qui avait été affiché comme une condition indispensable pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement doit être davantage pris en compte par la communauté internationale dans le cadre de Rio +20. Il est déjà question d’adopter un objectif de développement durable « énergie ». En attendant, il serait approprié de renforcer l’appui à l’accès à des services énergétiques innovants, fiables et abordables, aux énergies renouvelables ainsi qu’à l’efficacité énergétique…
La France s’engage à promouvoir un accès à des sources d’énergie innovantes pour tous ; à coopérer avec les pays du Sud en vue d’assurer leur sécurité énergétique et de soutenir leur développement économique ; à participer à une transition énergétique vers une économie mondiale sobre en carbone à travers le développement des énergies renouvelables, de systèmes énergétiques plus durables et les économies d’énergie ; à soutenir les efforts et initiatives en cours, en particulier l’Initiative Climat Paris-Nairobi et l’Initiative Energie Durable pour Tous (SE4ALL) afin d’étendre et de progressivement rendre universel l’accès à l’énergie durable.
Eau / assainissement
La France qui a accueilli le 6e Forum mondial de l’eau en mars 2012 s’est engagée à en porter les conclusions à Rio+20. Sa politique de l’eau entend mettre l’accent sur trois priorités : accélérer la mise en œuvre du droit à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, avec un accent particulier sur la gestion des eaux usées ; accroître la cohérence des politiques de l’eau, de l’énergie et de la sécurité alimentaire pour optimiser leur contribution à l’économie verte ; mieux intégrer l’eau dans le cadre institutionnel du développement durable dans l’agenda post 2015.
Biodiversité
La France et l’Europe s’engagent à renforcer la prise en compte de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes dans toutes les politiques publiques. Dans cette optique, elles proposent que soit mis en place un partenariat mondial qui associerait la société civile et que de nouveaux indicateurs complémentaires du PIB soient développés. Il s’agira, en particulier, de mesurer la valeur économique du capital naturel, d’intégrer cette valeur du capital naturel dans les comptes nationaux et de promouvoir l’investissement dans le capital naturel.
Résilience aux catastrophes naturelles
Les risques et le coût des catastrophes naturelles se sont fortement accrus au cours des dernières années, notamment du fait du changement climatique. Selon les dernières estimations de l’ONU, les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles ont atteint un niveau record en 2011 avec près de 380 milliards de dollars (297 milliards d’euros), dépassant de loin celui de 2005 qui était déjà particulièrement élevé (cf. 243 milliards de dollars de pertes). Certes ces catastrophes sont proportionnellement moins meurtrières du fait de réels progrès en matière de surveillance et d’alerte mais les dégâts économiques sont toujours plus importants. Dans ce domaine, la France s’engage à promouvoir à Rio+20 les initiatives prises en matière de prévention des risques. Avec l’Union européenne et ses partenaires européens, elle appuiera une politique de prévention des risques cohérente et lisible prenant en compte les questions d’adaptation aux risques liés au changement climatique et la stratégie européenne de développement durable.
Financements innovants pour le développement
Même si elles sont déjà considérables, les sommes allouées par les Etats au titre de l’aide publique au développement (APD) ne seront pas suffisantes pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Il apparaît donc nécessaire de renforcer le déploiement des financements innovants pour le développement (FID) qui soient plus stables, plus prévisibles et plus pérennes et permettent de générer des ressources complémentaires à l’APD traditionnelle.
La France qui avait été à l’initiative en 2006 d’un groupe pilote dans ce domaine (cf. groupe FID) organise un événement d’envergure avec les 63 pays membres de ce groupe et les Nations unies. Elle y présentera des expériences réussies de financement innovant ainsi que les différentes options discutées au G20 : mécanismes de marché, instruments de garantie, contributions citoyennes, taxes sur les activités mondialisées dont la taxe sur les transactions financières, etc.
Sécurité alimentaire
En 2050, il sera nécessaire de nourrir une population de neuf milliards de personnes dans un contexte rendu plus difficile par le changement climatique et l’évolution des habitudes alimentaires. Par conséquent, la sécurité alimentaire et la nutrition mondiale constituent deux questions fondamentales pour notre avenir. La France s’engage notamment sur les aspects liés à la disponibilité, l’accès, la qualité nutritionnelle des aliments et la gestion coordonnée des crises alimentaires au niveau international.
Développement humain
Le développement durable doit être global et doit contribuer à éliminer la pauvreté et l’injustice sociale, ce qui est encore loin d’être le cas. A cet égard, la France s’engage sur des sujets comme le droit à une éducation de qualité, la formation professionnelle ou encore l’insertion professionnelle des jeunes.
HBD
(1) cf. www.diplomatie.gouv.fr



