Selon une étude du CDP*, 63% des villes ayant transmis leurs données en 2016 prévoient que le changement climatique constituera un risque pour leur approvisionnement en eau. Par exemple, la ville de Londres, dont la population devrait croître de trois millions de personnes d’ici 2050, pourrait connaître un déficit de 520 millions de litres par jour.

La situation de la ville sud-africaine du Cap a également frappé le monde au printemps 2018. Alors que la ville approchait du « Jour Zéro » qui aurait dû contraindre les services à couper l’accès total à l’eau aux habitants, Le Cap a dû limiter la consommation d’eau à 50 litres par jour et par habitant (l’usage moyen d’un californien est de 321 litres). Les habitants sont aujourd’hui contraints de s’approvisionner dans les points de collectes publiques, de limiter l’usage d’une chasse d’eau au foyer à une fois/jour ou encore d’organiser le réemploi obligatoire de l’eau de vaisselles et de lessives. Même si la date du prochain « Jour Zéro » est aujourd’hui repoussée à 2019, la situation hydrique du Cap reste préoccupante et pourrait être exceptionnelle pour les villes connaissant des épisodes de pluviométrie faible sur de très longues périodes et années, sans anticipation sur les nécessaires évolutions des usages, et face à l’augmentation continue du nombre d’habitants en ville.

Zone inondée

L’étude du CDP souligne également l’impact pour les entreprises et l’activité économique : pour 43% des entreprises étudiées, leur organisation est exposée à des risques liés à l’eau qui pourraient entraîner un changement considérable dans leurs activités et leurs opérations. Parmi les principaux risques figurent la baisse de qualité de l’eau, le stress hydrique accru et les inondations. Notons d’ailleurs que pour l’ensemble des 1432 entreprises du panel, les pertes de production liées à l’eau se sont élevées à 14 milliards de dollars en 2016.

En dehors de la modification des méthodes de gestion, certaines solutions sont déjà connues (monitoring, process en circuit fermé, prévention des fuites, utilisation du numérique pour améliorer l’efficacité hydrique…) mais gagneraient à être généralisées et déployées à grande échelle. D’autres, comme le dessalement et le reuse, commencent à se développer mais se heurtent encore souvent à des questions de coûts ou de réglementation nationale liée à la prévention de risques sanitaires. Enfin, d’autres solutions restent à inventer.

Pollutec 2018 concentrera une fois encore un grand nombre de solutions et donnera l’occasion de faire le point sur les différentes avancées dans tous ces domaines.

 

*Le CDP (anciennement Carbon Disclosure Project) est une organisation internationale à but non lucratif gérant la plus importante plateforme de reporting environnemental dédiée aux entreprises et aux villes.

 

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