Aujourd’hui, 90% des marchandises échangées dans le monde transitent par la mer via un total estimé de 59 000 navires. Le seuil des 10 milliards de tonnes a été atteint en 2016. Rien qu’en France, un navire de commerce toucherait un port toutes les six minutes. Mais, comme toute activité, le transport maritime a des impacts sur l’environnement et le climat. Face à cela, les professionnels s’organisent, souvent sous la contrainte réglementaire mais aussi, de plus en plus, d’une manière volontaire et concertée.

Quels impacts ?

Le transport maritime a des impacts sur l’environnement, la santé, le climat et la biodiversité, certains pouvant être liés entre eux. Les principales pressions sur l’environnement et la santé sont générées par le taux élevé de SO2 du carburant des navires (« fuel-oil ») qui entraîne des émissions de SOx, les opérations de déballastage ou de dégazage, l’application d’antifouling sur les coques ou encore la production de déchets, sans oublier la question de la fin de vie des navires (démantèlement et recyclage). Les impacts sur le climat sont essentiellement liés à la forte consommation énergétique des navires(1) et aux émissions de GES qui en découlent (3% du total mondial). Enfin, les impacts sur la biodiversité vont des nuisances sonores aux collisions avec les cétacés, sans oublier les conséquences des pollutions accidentelles.

Et comme vu ci-dessus, les différents types d’impacts peuvent être connectés entre eux. C’est le cas, par exemple, de l’acidification des océans qui est une conséquence de la hausse des GES et qui affecte l’ensemble de la vie marine (plancton, corail…).

Quelles réponses ?

Institution de référence du secteur, l’Organisation maritime mondiale (OMI) a déjà à son actif de nombreuses avancées réglementaires. Parmi celles-ci figurent notamment la limitation de la teneur en soufre des carburants à 0,5% à compter de janvier 2020, contre 3,5% aujourd’hui (cf. règle MARPOL de 2005)(2), la fixation d’un objectif de réduction des émissions de GES à – 50% en 2050 par rapport à 2008 (cf. accord d’avril 2018, révisable en 2023) ou encore l’élaboration d’un code polaire pour réduire les impacts et prévenir les pollutions dans les zones particulièrement fragiles que sont l’Arctique et l’Antarctique.

Des solutions à déployer…

Diverses solutions sont déjà à la disposition des professionnels : moteurs utilisant des carburants à moindre impact (GNL) ou bas carbone (électricité, hydrogène), ‘scrubbers’ pour laver les fumées à l’émission, filtres à particules, branchement électrique des navires à quai, dispositifs de traitement des eaux de ballast, substituts aux peintures antifouling, systèmes de « kytes » (cerfs-volants) à l’approche des côtes et des ports…

… Et des initiatives collectives

Fin août dernier, dix armateurs français et un armateur italien ont adhéré à la charte SAILS (Sustainable Actions for Innovative and Low-Impact Shipping) proposée par la France. A travers cette charte de bonnes pratiques, ils s’engagent à mettre en œuvre des actions concrètes allant au-delà de leurs obligations dans un ou plusieurs domaines retenus : protection des cétacés, réduction de l’impact sonore sous-marin, réduction des émissions polluantes, sensibilisation des passagers à la protection de l’environnement (pour les compagnies de croisière et les ferries).

En parallèle, la France a renouvelé sa proposition de réduire la vitesse des navires du secteur du vrac (pétroliers et cargos) de manière à répondre à l’objectif fixé de – 50% d’émissions de CO2 à la tonne transportée en 2050. Cependant si, comme l’indique Armateurs de France, cette solution est « la plus pertinente, la plus rapide à mettre en œuvre et la plus facilement contrôlable », elle doit, pour être efficace, être appliquée au niveau mondial. C’est donc un vrai combat diplomatique qui s’engage…

Le transport de tourisme également concerné


Qu’il soit côtier ou maritime, le transport de tourisme est lui aussi concerné par la plupart de ces enjeux.

FerryA cet égard, il convient de saluer le projet de la région Sud Paca qui, pour réduire les nuisances générées par les navires à quai, va présenter au vote de son assemblée plénière d’octobre un Plan « Escales zéro fumée » à destination des paquebots de croisière.

Dans ce cadre, 30 millions d’euros devraient être mobilisés pour l’électrification des quais et l’accompagnement en équipement de ces paquebots. Il concernera, d’ici 2025, les trois principales villes-ports de la région : Marseille, Toulon et Nice qui totalisent respectivement 3 700, 1200 et 850 escales (paquebots de croisière et ferries confondus)*. Alors que, à ce jour, seuls douze ports sont équipés dans le monde, ceci constituerait une première en France et en Méditerranée.

*A Marseille, un dispositif est déjà en place pour les ferries à destination de Corse.

 

« Des transports maritimes durables au service d’une planète durable »


Tel sera le thème de la Journée mondiale de la mer 2020 de l’ONU. Pour mémoire, l’ONU consacre un de ses 17 ODD à l’océan. C’est l’objectif 14 : « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ». En tant qu’institution spécialisée des Nations unies chargée d’assurer la sécurité et la sûreté des transports maritimes et de prévenir la pollution des mers par les navires, l’OMI est particulièrement impliquée dans la mise en œuvre de cet objectif. Mais les différents ODD étant interconnectés, certaines de ses activités peuvent contribuer à plus d’un objectif.

 

1) En 2018, le transport maritime aurait consommé l’équivalent de 3,5 millions de barils de pétrole par jour, soit 5% de la demande mondiale (source : Mer & Marine).

2) MARPOL : Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires. La réglementation, connue sous le nom de « Sulfur Cap 2020 », est une véritable révolution dans le secteur.

 

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