Si le développement d’un pays est à la fois essentiel et fragile, il s’est depuis quelques années vu affublé d’une nouvelle condition : celle d’être durable. Il est considéré comme tel s’il assure les besoins immédiats des individus, et qu’on le pense capable de répondre à ceux des générations à venir.

Pour savoir si le développement d’un pays donné est durable, on compare l’empreinte écologique (les exigences des consommateurs sur la biosphère) à la biocapacité (possibilité de répondre à ces exigences grâce à la production).

Notons que la Finlande se positionne en première place du classement européen. En effet, sa vaste réserve écologique lui permet de maintenir un rapport empreinte écologique / biocapacité positif.

Comment calculer son empreinte écologique ?

L’Homme a divisé les territoires de la planète en deux groupes pour se maintenir en vie : les parties productives et les parties non productives. Les premières contiennent les ressources naturelles qu’il peut exploiter (comme les forêts ou les pâturages), et les secondes les territoires sur lesquels il ne peut rien produire (déserts, étendues de glace, …) ou beaucoup plus difficilement (les fonds marins).

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La biocapacité renvoie au premier groupe, les parties productives. Chacune correspond à une surface particulière :

  • Les forêts : leur bois nous permet de construire, chauffer, fabriquer du papier…
  • Les pâturages : indispensables au bétail qui nous fournit viande, lait, laine…
  • Les cultures : les plantes entrent dans notre alimentation et celle du bétail. On en tire aussi des huiles ou on en fait des fibres (coton, lin, …)
  • Les mers, les océans : nous en consommons les poissons et les fruits de mer.
  • Les terrains bâtis : ils accueillent nos logements, nos routes, …
  • Les surfaces énergie : afin de limiter l’impact des combustibles fossiles sur l’environnement, des surfaces ont été créées afin d’absorber leurs émissions de CO2.

On estime que 21% de la surface de la Terre est bioproductive. Ce qui correspond à 11,9 milliards hag (hectares globaux). En divisant cette donnée par le nombre d’habitants de la planète, on obtient le chiffre 1,8. Ce résultat comprend le logement, la nourriture, les vêtements, …

C’est en transformant la totalité des biens consommés par une population en surface bioproductive – suffisante pour produire tout ce qu’elle a consommé- qu’on calcule l’empreinte écologique utilisée par un groupe ou un individu. Ainsi, pour la production d’un kilo de viande, une personne aura besoin de 10m² de terrain pour faire paître son bétail, de 11m² de terres pour cultiver la nourriture de son troupeau, de 2,4m² pour construire ses étables et autres structures nécessaires et de 21m² de surfaces énergie pour permettre l’absorption de CO² nécessaire, entre autre, au transport de la viande.

Des disparités marquées

Si la date du dépassement mondial est celle du 1er août, la France l’avait quant à elle déjà atteint depuis le 5 mai. Et ce moment survient plus tôt chaque année. Si l’humanité entière vivait au même rythme de consommation que les Français, presque trois Terres seraient nécessaires pour subvenir aux besoins de tout le monde !

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Ce sont les pays du Nord qui s’en sortent le mieux. La Suède, la Finlande, l’Estonie et la Lettonie se trouvent en situation de réserve écologique. Un peu plus à l’Est, la Roumanie complète le tableau des bons élèves. Sur la première marche du podium se hisse la Finlande puisque son empreinte écologique de 6,7 hectares globaux par personne est inférieure à sa biocapacité.

Du côté des moins bons élèves existent des différences. Ainsi, certains pays ne connaissent qu’un déficit écologique dit léger – inférieur à 1 : la Hongrie, la Bulgarie et la Lituanie. Le déficit dit moyen est inférieur à 2. C’est celui que connaissent l’Irlande, la Croatie, le Danemark et la Slovaquie. Ferment la marche les Etats connaissant un déficit prononcé. Avec une empreinte écologique plus de huit fois plus importante que sa biocapacité, le Luxembourg occupe la tête de ce triste classement. Son déficit s’élève à en moyenne 11,5 hga/personne. On retrouve ensuite la Belgique, avec un déficit de 5,8 hga/personne, Chypre avec 3 hga/personne et l’Italie, avec 3,4 hga/personne. Le Royaune-Uni, l’Allemagne, l’Autriche, Malte, les Pays-Bas, la France, l’Espagne, le Portugal, la République Tchèque, la Grèce et la Slovénie arrivent juste après.

Une fois cette situation portée à notre connaissance, il devient difficile de ne pas agir, même « seulement » à notre échelle. Des solutions concrètes, mises en œuvre rapidement, réduiraient la quantité de déchets et permettraient de limiter les dégâts, ou en tout cas de les ralentir. Parce que nous n’avons qu’une seule planète sous la main.

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