Pour participer activement à la protection de l’environnement, secteur agricole et particuliers se tournent de plus en plus souvent vers la méthanisation. Cette technique consiste en la transformation des matières organiques en énergies renouvelables.

Concrètement, comment cette procédure se réalise-t-elle ? Quels impacts entraîne-t-elle et dans quel domaine ceux-ci se manifestent-ils ? Quelques éléments de réponse dans cet article.

Définition de la méthanisation

Les exploitants du secteur agricole disposent d’une méthode simple et efficace pour revaloriser leurs déchets et autres substrats : la méthanisation. Des micro-organismes viennent dégrader les matières organiques. Pour que cela soit possible, la méthanisation, opération de fermentation, doit être réalisée dans un milieu dépourvu d’oxygène. Cette privation d’O2 est nécessaire pour différencier la dégradation due au compostage de celle obtenue grâce la méthanisation. Les déchets agricoles ainsi détruits servent à produire du biogaz, qui trouve une nouvelle utilisation en servant d’énergie.

methaniseur-agricole

Si le procédé semble facile à saisir à première vue, l’exploitant agricole doit malgré tout connaître le mieux possible les réactions qui entrent en jeu, afin de maximiser le rendement de son méthaniseur (encore appelé « digesteur »).

Fonctionnement d’un méthaniseur

La simplicité du procédé, évoquée dans la première partie de cet article, n’est en fait qu’une illusion. En effet, plusieurs réactions se produisent à la chaîne, chacune indispensable à la réussite du phénomène.

Une cuve cylindrique retient les déchets organiques. Là, privés d’oxygène, ils subissent l’attaque de bactéries. On distingue trois étapes importantes (l’opération en compte davantage, ce ne sont là que les principales) :

  • L’hydrolyse et l’acidogénèse : c’est le moment où toutes les protéines, les lipides et les polysaccharides, éléments organiques complexes, sont réduits à l’état de composés plus simples, comme les acides gras, les peptides ou les acides aminés.
  • L’acétogénèse : les substrats de la phase précédente subissent une nouvelle transformation et se changent en acide acétique.
  • La méthanogénèse : l’acide acétique devient méthane et gaz carbonique.

La matière résiduelle obtenue à l’issue de ce procédé (appelée de manière très évocatrice « digestat ») est à son tour conservée.

Pour produire du méthane dit « vert », il « suffit » de gazéifier du bois qui, sous l’effet de la chaleur, devient méthane, un mélange de gaz de synthèse et de CO2. On ne parle alors plus de méthanisation mais de méthanation. Ce procédé est connu depuis déjà plusieurs décennies : lors de la Seconde Guerre mondiale, la version archaïque de la méthanation entrait dans la composition des gazogènes faisant alors office d’essence.

Les différents enjeux

Le biogaz produit de la chaleur, de l’électricité et sert de carburant aux véhicules. Peut-être finira-t-il par évincer complètement le gaz naturel…Les agriculteurs, en quelque sorte, peuvent bénéficier d’un « retour sur investissement » puisqu’ils peuvent se servir du produit transformé comme engrais. Grâce à cette transformation en biogaz, les matières pourrissables sont ne sont plus conservées. Enfin, la production de biogaz impacte moins l’environnement que celle du charbon, du pétrole ou du gaz naturel.

Le Grenelle Environnement fait partie de ces initiatives ayant permis à la la filière biogaz de faire un formidable bond en avant. Ce n’est évidemment pas sans rapport avec la création de différentes aides par l’Etat, comme le Fonds Chaleur, ou encore la revue à la hausse du tarif d’achat de l’électricité. En 2011, on recensait près de 200 installations de méthanisation françaises. 40% d’entre elles appartenaient au secteur industriel, tandis que nos fermes en détenaient elles 20%. Dans un rapport du Ministère de la transition écologique et de la solidarité datant de mars dernier, les chiffres évoquent maintenant 400 installations, réparties entre le secteur agricole, industriel et territorial.

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