Décarboner les transports pour limiter la pollution de l’air

Le secteur des transports représente aujourd’hui 23% des émissions de GES dans le monde. En France, ce taux est plus élevé : il atteint 28,5% des émissions nationales (chiffre 2014). Il est donc plus que jamais nécessaire de décarboner les transports. Mais dans ce domaine, la stratégie doit être globale : elle ne peut se contenter d’un panel de décisions disparates et ponctuelles.

Il est aujourd’hui évident que décarboner le transport des personnes passe par la conjugaison de tout un ensemble de technologies. En ce sens, les différentes avancées en faveur des nouvelles formes de mobilité sont fondamentales. Mais il ne faut pas oublier que, même si leur vente doit être supprimée en 2040 (cf. nouvelle SNBC)(1), les véhicules thermiques particuliers ne seront pas remplacés du jour au lendemain. D’où l’intérêt de continuer à améliorer les rendements moteurs et à développer les énergies ou motorisations alternatives (électrique, hybride, biocarburants, hydrogène…). Ces solutions permettent non seulement d’aller dans le sens de l’Accord de Paris sur le climat mais elles contribuent aussi à limiter la pollution de l’air.

Une mobilité propre et partagée

Le véhicule électrique constitue une des solutions même s’il suppose d’importants développements en termes d’infrastructures (bornes de recharge…). Mais il est loin d’être la seule solution, surtout s’il sert à continuer dans la voie de la mobilité individuelle. Car désormais, la mobilité se conçoit non seulement propre mais aussi partagée. Ceci se traduit par de nouveaux services comme le covoiturage ou l’auto-partage à l’essor parfois fulgurant. Mais dans cette tendance à la mobilité partagée, les transports collectifs conservent toute leur place. Là encore, des solutions innovantes apparaissent et ne se limitent plus aux seules motorisations des bus ou à la mise en place de lignes de tramway. Par exemple, la mobilité aérienne par câble(2) offre de nouvelles perspectives intéressantes en complémentarité des modes existants. La récente annonce du partenariat dédié entre Eiffage, RATP et Poma en est une bonne illustration tout comme le projet mené à Saint-Quentin en Yvelines par la jeune société SupraWays (cabines connectées). En parallèle, les solutions « douces » de transport fluvial se développent avec des navettes électriques ou encore à l’hydrogène.

Des annonces du Gouvernement

Le Gouvernement a présenté mi-septembre ses principales décisions et priorités pour la programmation des investissements de transports. Parmi ses priorités figure le développement de l’usage des « mobilités propres, partagées et actives au quotidien ». Dans cette optique, l’Etat s’est engagé à se mobiliser à travers plusieurs appels à projets à hauteur d’1,5 mrd d’euros au total sur dix ans pour « accompagner les autorités organisatrices ». Mais pour ces dernières, représentées par le GART(3), ceci ne va pas aussi loin que ce que stipulait la loi Grenelle qui tablait sur 2,5 mrd d’euros d’ici à 2020…

Affaire à suivre donc.

ET LE VÉLO DANS TOUT ÇA ?

Dans la cadre de la stratégie d’orientation des mobilités du Gouvernement, un « plan vélo » a également été retenu. Il prévoit d’augmenter la part modale du vélo à 9% d’ici 2024. Il faut dire que la France ne figure pas parmi les bons élèves en la matière : selon l’INSEE en effet, sur cent actifs, 60 réalisent leurs trajets domicile-travail en voiture et 4 seulement le font à vélo. Pour accompagner les territoires et favoriser les infrastructures cyclables, un appel à projets « Vélo et territoires 2018 » a été lancé fin septembre.

 

(1) Stratégie nationale bas-carbone

(2) Une mobilité déjà connue de certains (ex. : téléphériques à Grenoble, Toulon, Brest…). Au total, dans le monde, ce sont déjà plus de 80 réalisations urbaines auxquelles s’ajoutent près de 200 projets en cours.

(3) GART : Groupement des autorités responsables de transport

 

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