Depuis plus de 50 ans, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) évalue l’état de conservation global des espèces végétales et animales à travers le monde. Sa ‘Liste rouge’ nous apprend qu’une espèce de mammifères sur quatre, plus d’un amphibien sur trois et plus d’un oiseau sur huit sont aujourd’hui menacés d’extinction au niveau mondial. Il en va de même pour près d’un tiers des requins et raies, un tiers des coraux constructeurs de récifs et plus d’une espèce de conifères sur trois.

La biodiversité, partie intégrante des stratégies industrielles

La biodiversité a sans doute été longtemps considérée comme le sujet exclusif des écologistes amoureux de la nature, assez loin des préoccupations des publics de Pollutec. Pourtant, la biodiversité a largement investi le milieu professionnel et industriel, chacun prenant conscience des équilibres fragiles des écosystèmes et des interactions existantes. Ce regard sur la nature a aussi inspiré de nouvelles approches technologiques exploitant tout le pouvoir de cette biodiversité. Rien d’étonnant donc que Pollutec se soit saisi du sujet, d’abord dès les années 1990 en créant une section consacrée à l’aménagement et à la réhabilitation des espaces et paysages, puis au début des années 2000 en intégrant les premières notions de protection du littoral et de lutte contre les pollutions marines. En 2008, Orée, partenaire du salon, présente son guide Intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises  devenu référence. Et à partir de 2010, année de la biodiversité, tout s’accélère avec un grand colloque sur les liens biodiversité/entreprise organisé par le ministère de l’Écologie. Ce dernier crée alors une catégorie Biodiversité & Entreprise dans les prix PEE remis sur Pollutec. Le premier « grand prix » sera attribué à Egis pour l’Eco-cavalier, un système de lestage de canalisations sous-marines en béton permettant de créer des habitats artificiels.

En 2011, Pollutec entérine cette tendance et accueille le premier village Génie écologique et Biodiversité. C’est l’année où est définie la stratégie nationale de la biodiversité et où le génie écologique est reconnu comme l’une des filières stratégiques de la croissance verte. Le village, qui perdure depuis avec le soutien de l’UPGE (Union professionnelle du génie écologique, fondée en 2008), permet de fédérer des acteurs et des solutions et de travailler à plus de pédagogie sur les multiples notions de phyto-épuration et phyto-remédiation (ex. : sociétés Aquaterra, Aquatiris, Nymphea, Sint, Phytorestore…), de continuité écologique, restauration des écosystèmes, lutte contre l’érosion et même d’agro-écologie ou de bio-monitoring. Autant de thématiques qui continuent de s’élargir d’année en année.

 

Le forum biodiversité sur Pollutec

 

La bio-indication, depuis 1996

Dès 1996, on compte des innovations marquantes pour le suivi de la biodiversité avec le Gymnotox, un appareil de surveillance biologique de la qualité de l’eau s’appuyant sur un petit poisson noir. Bionef innove en 2008 et 2009 avec des bactéries luminescentes puis un toximètre mettant en œuvre des daphnies (puces d’eau). Puis le secteur des sols est concerné avec Elisol Environnement en 2012 et Methrizlab en 2016, la première proposant une méthodologie d’étude des nématodes du sol (organismes microscopiques qui se nourrissent sur les racines) et la deuxième, le RHIZOtest, un nouvel outil de mesure du transfert sol-plante des polluants du sol. Sans oublier les abeilles bio-indicatrices promues par Apilab dès 2011, approche aujourd’hui également proposée par Beeodiversity.

Végétalisations urbaines innovantes

Les outils de végétalisation urbaine (murs ou toitures) n’ont pas manqué d’être présentés sur Pollutec par de nombreuses entreprises : groupe Colas (Smac), Siplast, Soprema, Ecovegetal… Certaines ont particulièrement marqué leur temps à l’image de Greenwall qui présente en 2006 un mur végétal conçu avec le Cirad et mettant en œuvre de la sphaigne.

Deux ans plus tard, c’est Sinnoveg qui retient l’attention avec une paroi acoustique végétale faite de troncs d’arbres (enracinés) collés les uns aux autres par auto-greffage. Enfin, Biotope surprend en 2013 avec Melting pot, une solution végétalisée 100 % recyclée utilisant des sacs à café comme tapis avec un substrat fait de coquilles de moules, de marc de café, de fibres de bois et de briques concassées.