La pollution des sites et sols est principalement due à des contaminations par hydrocarbures (40%), métaux et solvants. En France, la politique de gestion des SSP repose sur la gestion des risques sanitaires et environnementaux suivant l’usage des milieux. La récente révision de la méthodologie nationale (qui datait de 2007) a donné lieu à une révision de la norme NF X31-620 relative aux prestations de services. Les différents textes de cette nouvelle norme ont été publiés par AFNOR en décembre 2018.

A noter : Les prochaines Rencontres nationales de la recherche sur les SSP auront lieu en novembre 2019. L’occasion pour l’Ademe, l’UPDS et EY de faire une synthèse des acquis pour la période 2014-2019 et de présenter les perspectives et orientations de recherche pour 2020-2025.

Sols : un « petit » secteur hyper-dynamique

Cela peut paraître paradoxal mais la question de la dépollution des sols ne devrait (au sens de « devoir ») pas avoir d’avenir. Pourtant, c’est l’un des villages les plus récurrents sur Pollutec depuis sa création en 2003 en partenariat avec l’UPDS, l’union professionnelle du secteur. « C’est certes un carrefour essentiel car notre secteur est très petit et a besoin de visibilité, convient Laurent Thannberger, directeur scientifique et technique du groupe Valgo, mais j’espère bien que ce n’est pas un métier d’avenir. Cela voudrait dire que les comportements ne changent pas et qu’on continue de polluer les sols ». Le point de vue est bien sûr un brin provocant car effectivement le passif à traiter est bien réel et l’offre technologique n’a cessé de se diversifier au fil des éditions de Pollutec. Pourtant, le métier est aussi en train d’évoluer vers les notions de reconversion et gestion des sites.

« Il y a 20 ans, on venait voir uniquement des solutions techniques sur Pollutec. Aujourd’hui on attend une réflexion sur les concepts. Le secteur des sols n’échappe pas à la règle. Le but n’est pas de nettoyer le sol : les travaux ne sont que les outils d’une reconversion », explique ce spécialiste. Une tendance qui montre que la méthodologie officielle conçue en 2007 gagne en maturité opérationnelle. « Cette approche de dépollution en fonction de l’usage reste cependant compliquée à expliquer aux néophytes ». D’où le besoin de pédagogie pour laquelle Pollutec est toujours un bon support, tout en permettant de continuer à valoriser l’expertise technique et la qualification des acteurs. Les certificats Qualipol sont d’ailleurs remis sur le salon depuis leur création.

Une expertise technique pléthorique

Le choix d’une technologie de traitement de sols ou de nappes pollués dépend d’une multitude de critères : le niveau d’abattement et/ou de stabilisation souhaité (en fonction de l’usage futur), le type de polluant(s), le temps disponible, l’environnement du site, les volumes à traiter et, bien sûr, le coût acceptable. D’où un très large panel de solutions techniques, du traitement hors site (incluant la question du statut des terres excavées) au traitement sur site, voire in situ, avec des approches physiques ou chimiques, thermiques, biologiques souvent couplées entre elles. Pollutec reflète ainsi depuis plus de 20 ans cette très forte dynamique de R&D et la créativité de la filière. La désorption thermique a ainsi eu ses heures de gloire à la fin des années 1990 et au début des années 2000, avec Colas, GRS Valtech ou Deepgreen par exemple. La voie biologique a connu des évolutions marquantes, passant par exemple d’un système d’inoculation des terres par un absorbant en déchets de coton (1996) à des solutions biotechnologiques de sélection de consortia bactériens efficaces (Serpol en 2014).

Côté procédés physiques, on se rappellera du Terrastrip d’A&M Brezillon en 2003 pour extraire efficacement les composés volatils, l’emploi d’un courant électrique (la géo-oxydation) par Eurodépollution en 2000 ou encore celui de la sono-chimie en 2006 par Sita. Avant d’arriver plus récemment aux procédés d’oxydation avancée in situ, notamment via l’injection de particules de fer (Serpol, Sita, Toyo Ink).

Restauration des sols dégradés

Même s’ils ne sont pas nécessairement pollués, nombreux sont les sols dégradés au plan biologique et technique. D’où le développement, s’appuyant sur les notions de biodiversité, de concepts de reconstruction de sols. Microhumus, acteur notamment en phyto-remédiation, a ainsi présenté en 2014 SubsTer, une prestation originale d’ingénierie de formulation de terre de substitution qui permet d’éviter de prélever des terres sur les sols. Une réflexion qu’avait également menée le centre d’expertise lorrain Progepi/Gisfi dès 2008.